Maison de l'Algérie Pont-d'intelligence

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mercredi 17 juin 2015

Participation du musée français de l'histoire de l'immigration à des évènements culturels en Algérie


Le musée public français de l'histoire de l'immigration va participer à des évènements culturels en Algérie dont la manifestation "Constantine, capitale de la culture arabe", a indiqué, lundi à Alger, le président de son conseil d'orientation, l'historien français Benjamin Stora.
S'exprimant à l'issue d'une audience que lui a accordée le ministre de la Culture, Azzedine Mihoubi, à l'occasion de la visite d'amitié et de travail du président français François Hollande en Algérie, M. Stora a dit que" des rencontres et colloques internationaux" seront organisés avec le concours de l'institution qu'il dirige.
Le musée devrait également participer aux activités du prochain Salon international du livre d'Alger (Sila, 28 octobre-7 novembre) a, par ailleurs, fait savoir l'historien français. Le ministre de la Culture, a indiqué, de son côté, que la participation du musée à la manifestation "Constantine, capitale de la culture arabe" interviendrait dans le cadre du Festival du cinéma méditerranéen, prévu "en décembre prochain" dans la capitale de l'est et qui aura pour thème l'"immigration", a-t-il annoncé.
Cette participation "va renforcer davantage" la collaboration entre l'Algérie et la France dans le domaine culturel, a estimé le ministre qui a également reçu le cinéaste français d'origine algérienne, Djamel Bensalah.
Crée en 2007 au Palais de la porte dorée à Paris, le musée de l'histoire de l'immigration (ou Cité nationale de l'histoire de l'immigration) est une institution "culturelle, pédagogique et citoyenne" qui oeuvre notamment à "reconnaître" et à "mettre en valeur" la "place des immigrés dans la construction de la France".
Benjamin Stora en est le président du conseil d'orientation depuis août 2014.
 APS

l'Algérie vue du ciel : Mardi 16 juin à 20H55 sur FRANCE 2

l'Algérie vue du ciel  Mardi 16 juin à 20H55 sur FRANCE 2

La visite de Hollande en Algérie vue par la presse française

Les journaux français n'ont pas occulté la visite de leur président en Algérie
Saluée en Algérie, la brève visite de Hollande à Alger hier ne l'est pas moins en France. Décidément, le pacte entre les deux capitales ne fait que se renforcer.
Le président français François Hollande a effectué hier une visite éclair à Alger à l'invitation de son homologue algérien, Abdelaziz Bouteflika. Intervenant dans un contexte marqué par un approfondissement significatif du dialogue et de la concertation politiques entre les deux pays, cette visite a suscité moult réactions, aussi bien en France qu'en Algérie. Mais si du côté algérien, la presse s'est alignée sur la position du gouvernement, en saluant cette virée du président français à Alger, la presse française a eu des réactions fort mitigées.
Le Monde, titrant à la une «Entre la France et l'Algérie, une relation au beau fixe», a vu la visite de Hollande à Alger comme étant une belle opportunité pour l'Hexagone de s'extirper de la crise dans laquelle il se débat depuis quelque temps. En effet, bien que qualifiant cette visite de «modeste», il a largement insisté sur la couleur économique du rendez-vous. «Concurrencée depuis des années par d'autres pays, dont la Chine, devenue le premier fournisseur de l'Algérie depuis 2013, la France veut contre-attaquer et met en avant des projets de «coproduction».
De leur côté, les Algériens veulent diversifier leur tissu économique et trouver de nouveaux partenariats au moment où l'économie nationale souffre durement de la chute des cours du pétrole. Ce journal, citant une source diplomatique française, a également pris le soin de préciser que cette escapade algéroise vise à «prendre acte de la qualité de tout ce que nous avons pu réaliser ensemble depuis trois ans». De son côté, L'Humanité a abordé cette visite en la présentant comme étant un appel au secours» émis par Bouteflika à l'adresse de son ami Hollande.
L'Alsace quant à lui, évoquant une «lune de miel entre la France et l'Algérie», a rappelé l'ouverture par Renault et Alstom d'une usine en Algérie, mais a également insisté sur la lutte contre le terrorisme et les questions malienne et libyenne. Cité par le même journal, Georges Régnier, directeur de Business France en Algérie, a, lui, parlé «d'opportunité d'investissement»
Sur Le Figaro, on peut lire une interview avec Christophe Dubois et Marie-Christine Tabet, coauteurs de Paris-Alger. Une histoire passionnelle, un livre qui a fait beaucoup de bruit lors de sa publication récente, notamment dans les hautes sphères algéroises. A la première question qui porte sur le sens de la visite que rend Hollande à Bouteflika, les deux journalistes ont soulevé l'étroite collaboration entre les deux capitales en matière de lutte antiterroriste en rappellant le rôle majeur qu'a joué et que continue à jouer l'Algérie dans ce sens. Un point a également été mis sur les relations économiques et commerciales entre les deux pays qui sont, juge-t-on, excellentes et qui sont, en, plus, appelées à s'améliorer. Libération, par contre, connu pour ses positions tranchées et incisives vis-à-vis de l'Algérie a ouvert avec un titre fort provocateur: «La grenade algérienne.» Et trempant sa plume dans l'encre trouble de la crise algérienne, le journaliste de Libération a fait un constat amer de la situation politique et économique du pays. «François Hollande se rend ce lundi à Alger. Il rencontrera un président Bouteflika affaibli au moment où l'économie du pays, fondée sur le pétrole, chancelle», écrit-il à la une.
Néanmoins, dans une interview avec Pierre Vermeren, professeur d'histoire contemporaine à l'université Paris I, publiée dimanche dernier par le même journal, tout en professant que «la relation France-Algérie est extrêmement compliquée» au regard de la situation politique algérienne qui s'apparente, lit-on, «au syndrome du Titanic», l'expert a reconnu le rôle majeur que joue l'Algérie sur les scènes régionale et internationale, ce qui est un sacré motif de coopération. D'autres sujets liés notamment à la situation politique du pays et à la succession à la tête de la présidence de la République ont été abordés par les mêmes journaux à l'aune de cette visite. Mais très sommairement.
En gros donc, la brève virée de François Hollande en Algérie est globalement bien «perçue» en France et est même porteuse d'espoirs à en croire les lectures fort optimistes qui en sont faites.

Mme Benghebrit reçoit l'historien français Benjamin Stora
La ministre de l'Education nationale, Nouria Benghebrit, a reçu hier, à Alger, l'historien Benjamin Stora, également inspecteur général de l'éducation en France.
Benjamin Stora dont les recherches portent notamment sur l'histoire du Maghreb contemporain, particulièrement l'Algérie, est à Alger dans le cadre de la visite du président François Hollande.
L'expression

Ce que pensent les patrons algériens de la visite de François Hollande

hollande patron algérien TSA Algérie
Le président français François Hollande effectuera, ce lundi 15 juin, une visite de quelques heures en Algérie. Il rencontrera son homologue algérien Abdelaziz Bouteflika, le Premier ministre Abdelmalek Sellal et des chefs d’entreprises algériens et français. Certes, ce déplacement se fera essentiellement sous le signe politico-diplomatique, mais la coopération économique, récemment très active entre les deux pays, pourrait être évoquée. En 2014, la France était le deuxième fournisseur de l’Algérie avec 6,34 milliards de dollars et son troisième client avec 6,7 milliards de dollars.
TSA a demandé aux patrons algériens ce qu’ils attendent de cette visite. Réactions.

Mohamed Laid Benamor, PDG du groupe Amor Benamor, président de la Chambre algérienne de commerce et d’industrie (CACI)

benamor
« Algérie-France, nous sommes en train de bâtir un édifice économique commun. Danone, Lafarge, Sanofi, Renault ou encore Alstom font de très belles choses dans notre pays. C’est cet élan qu’il nous faut amplifier et c’est une bonne chose que ces réussites soient mises en lumière par la visite de François Hollande. La CACI veut aussi ajouter sa pierre à l’édifice. Nous avons désormais une représentation à Paris pour accompagner les investisseurs français dans leurs projets ici et les aider à trouver le meilleur partenaire. »

Hassen Khelifati, PDG d’Alliance Assurances

Hassen Khelifati TSA Algérie
« Au niveau politique, on parle de partenariat d’exception. Pourtant, sur le terrain, il y a de la méfiance. Nous constatons que la France exporte pour 13 milliards d’euros, mais les investissements ne dépassent pas les 2 milliards. Il y a 450 entreprises françaises chez nous, contre 6 000 au Maroc.
La règle 49/51 n’est pas une excuse. Elle existe en Chine par exemple et ça n’empêche pas d’y investir. Or, le gros de l’investissement français en Algérie se concentre sur le financement des importations et le commerce.
Nous ne voulons plus être considérés comme un simple marché. Ceux qui ont fait le choix de s’installer et investir en Algérie, parfois pour des raisons politiques, réalisent des niveaux de rendement exceptionnels.
Enfin, nous avons aussi une communauté de 5 millions de binationaux et d’Algériens en France dont 400 000 sont des hauts-cadres et chefs d’entreprises. C’est notre nouveau pétrole ! Certains veulent contribuer au développement de leur pays, il faut les y encourager. »

Hakim Soufi, PDG de Macir Vie

Hakim Soufi macir vie TSA Algérie

« L’on sent une volonté des deux rives d’entrer dans un partenariat gagnant-gagnant, d’égal à égal. Un fait très important à eu lieu lors de l’inauguration de la représentation de la CACI France : les entreprises algériennes ont reçu un appel officiel pour venir s’installer en France.
Par ailleurs, ce que l’on attend c’est un transfert de savoir-faire et technologique de qualité. Il faut donner la priorité aux TPE, PME/PMI pour le développement d’un véritable tissu d’entreprises en Algérie.
Enfin, l’on a constaté que les Français étaient un peu frileux, au point de se faire dépasser par la Chine. Mais on constate une certaine prise de conscience. Dans tous les cas, toute initiative permettant d’avoir des investissements et une entrée de devise en Algérie est la bienvenue. »

Abdelmalek Benhamadi, PDG de Condor

benhamadi pdg condor.
« Nous attendons des entreprises françaises une implication plus franche. D’ailleurs, elles sont encouragées par leur gouvernement à venir s’installer en Algérie.
Du côté algérien, il faut veiller à mettre en place les dispositifs pour les accueillir. Il faut surtout de la visibilité et de la stabilité sur le plan juridique. C’est le plus important pour attirer un entrepreneur. »

Ramdane Batouche, PDG de General Emballage

batouche
« Avec  la France, nous avons l’impression que nous sommes toujours en retard sur les exigences du moment. Il me souvient que du temps du président Chirac, on parlait d’ériger un partenariat d’exception du même ordre que celui qui lie la France à l’Allemagne. Pour des raisons évidentes, la France est un pays avec lequel nous devons rechercher une entente large sur non seulement les relations bilatérales, mais aussi  des questions économiques plus globales. »

Slim Othmani, président du Conseil d’administration de NCA Rouiba

Slim Othmani, Président du conseil d'administration de NCA Rouiba (www.tsa-algerie.com)
« Ce que je peux vous dire c’est qu’’il y a beaucoup de rencontres entre les deux pays. Il y a déjà beaucoup de dynamisme dans ce domaine et cette visite est dans le prolongement de cette dynamique.
Nous n’attendons rien de particulier, nous n’allons pas demander à la France de s’ingérer dans les problèmes que rencontrent les entrepreneurs, c’est à l’Algérie de régler tout cela, comme les contraintes administratives, juridiques… Ce n’est pas le rôle de la France de faire ça. Quant à la coopération algéro-française, elle est déjà très active, la visite de François Hollande ne changera rien dans cette relation. »
TSA

mardi 16 juin 2015

L'Europe et le Maghreb dans l'urgence de la coproduction

Sur la rive nord de la Méditerranée, une croissance atone ou négative fait rêver à celles des pays du Maghreb, qui se situent à 3-4 %. Mais, au Nord comme au Sud, le chômage persiste, et atteint des niveaux dramatiquement inégalés parmi les jeunes de 15 à 24 ans. Au risque d'une dislocation sociale. La coproduction industrielle entre les deux rives de la Méditerranée apparaît comme l'une des voies d'un partenariat renouvelé. Elle permettrait de (re) gagner en compétitivité et parts de marché.
Bien sûr, l'inauguration de l'usine Renault d'Oran, en Algérie, le 10 novembre dernier, a provoqué des commentaires critiques dans une certaine partie de la classe politique française, accrochée à des concepts obsolètes et qui confond sciemment coproduction et délocalisation. Une approche d'autant plus archaïque, en tout cas pour un certain nombre de secteurs, que la preuve de la pertinence du concept de coproduction est faite depuis... cinquante ans et plus.
En Asie par le Japon qui, dès les années 1960, a amorcé la coproducrion avec la Corée du Sud, Taïwan, Hong Kong et Singapour - un processus qui, en vingt ans, a abouti au décollage économique des quatre « dragons asiatiques » ; en Europe par l'Allemagne avec les pays d'Europe centrale et orientale (Peco) ; au Maghreb par bon nombre d'entreprises européennes, allemandes, italiennes et plusieurs... françaises.
Depuis des années, Jean-Louis Guigou, délégué général fondateur de l'Institut de prospective économique du monde méditerranéen (Ipemed, Paris) et son président, l'économiste et entrepreneur tunisien Radhi Meddeb, s'efforcent au fil des colloques et autres forums, d'une rive à l'autre de la Méditerranée, de promouvoir auprès des décideurs économiques et politiques cette thématique qui se heurte encore à bien des blocages, malgré son importance stratégique. Dans le continuum de cet engagement, La coproduction en Méditerranée - Illustrations et recommandations est la toute dernière étude sur ce thème, publiée par l'Ipemed en cette fin novembre. Réalisée par le géographe-économiste Maxime Weigert, elle a pour premier mérite de rappeler les fondamentaux de ce processus et de nous donner à connaître plusieurs exemples euro-maghrébins de réussite.
Le concept de la coproduction est simple, il s'articule en quatre volets : abandonner l'approche éculée qui consiste à considérer les entreprises du Sud comme de simples soustraitants ; les faire monter en gamme en partageant les savoir-faire et la chaîne de valeur entre entreprises partenaires du Nord et celles du Sud ; (re) devenir compétitifs ensemble sur le marché mondial et y (re) conquérir des parts de marché. Avec en toile de fond la création d'emplois, au nord comme au sud de la Méditerranée... Trop beau pour être vrai ? La pratique des grands groupes automobiles allemands apporte la preuve du contraire : ils font produire l'essentiel de leurs grosses berlines à moindre coût dans les Peco, avant de les réimporter chez eux, puis de les réexporter estampillées du label made in Germany en maximisant leurs marges. Ainsi l'Allemagne réimporte-t-elle jusqu'à 46 % de la valeur ajoutée des biens d'équipement produits dans son hinterland, selon une précédente étude de l'Ipemed.

De nombreuses preuves par l'exemple

Mais, si l'Allemagne est le seul pays européen à avoir développé massivement cette stratégie - depuis la chute du mur de Berlin en 1989 et plus encore depuis l'élargissement est-européen de 2004 -, nombre d'entreprises françaises se sont aussi engagées dans cette voie. C'est le cas notamment de Safran, qui a créé une première co-entreprise avec Royal Air Maroc en l'an 2000, pour oeuvrer dans la maintenance des moteurs d'avions. Dans son sillage, d'autres grandes sociétés et sous-traitants du secteur ont suivi. Aujourd'hui, une centaine d'entreprises de l'aéronautique sont installées au Maroc. Elles réalisent un chiffre d'affaires annuel supérieur à 1 milliard d'euros, ont généré quelque 10.000 emplois et ont vu leurs exportations croître de 13% en 2013.
Autre exemple, plus récent, celui du site Renault de Tanger. Opérationnel depuis février 2012, destiné à répondre à la demande locale et internationale - surtout africaine de modèles d'entrée de gamme, il devrait produire 340.000 voitures par an dès cette année. Avec 5.000 emplois directs créés et 30.000 indirects attendus, c'est la plus grande usine d'Afrique, qui contribue pour une bonne part au succès de la zone franche industrielle de Melloussa, à 30 km du port de Tanger Med. À la demande des autorités marocaines, un institut de formation des métiers de l'industrie automobile, géré par Renault Tanger, a aussi été créé sur place, afin de contribuer à la montée en gamme des ressources humaines locales. On notera aussi que le site Renault de Tanger est à la fois « zéro carbone » et « zéro rejet liquide industriel », ce qui lui a valu de remporter le Prix 2011 de la production des Sustainable Energy Europe Awards organisés par l'Union européenne. Une expertise qui pourra être exportée, voire réimportée... en France.
« Tout l'enjeu consiste à mettre en synergie les nombreuses complémentarités entre les deux rives de la Méditerranée », relève Maxime Weigert. Ces complémentarités - savoir-faire au Nord, jeunesse et futurs marchés émergents au Sud - apparaissent d'autant plus significatives que les défis sont largement communs d'une rive à l'autre, comme on peut l'observer dans le graphique ci-contre : croissance atone ou négative au Nord, plus élevée au Sud, mais insuffisante pour résorber le chômage - il faudrait pour cela qu'elle dépassât les 5 % -, même incapacité à intégrer la jeunesse dans la vie économique, comme l'attestent les taux exponentiels du chômage des 15-24 ans. Et c'est justement là l'une des « raisons essentielles qui ont conduit à la révolution tunisienne de janvier 2011 », ainsi que le rappelait Radhi Meddeb dans La Tribune n° 107, datée du 7 novembre.
Ainsi, la nécessité de retrouver une croissance forte des deux côtés de la Méditerranée se situe à un niveau comparable d'urgence sociale. Comment faire, dès lors, pour accélérer coopération et coproduction entre les deux rives de la Méditerranée, en cumulant les avantages respectifs, ce qui permettrait de (re) devenir compétitif sur le marché mondial - un objectif que l'Alliance numérique franco-tunisienne, créée en 2112, a d'ailleurs su transformer rapidement en réalité ?

Enfin une Europe moins frileuse ?

Les nouveaux députés issus des élections européennes de mai 2014 et la nouvelle Commission Junker bâtiront-ils une politique plus proactive envers le Sud méditerranéen ? Plusieurs personnalités des deux rives poussent en ce sens. C'est le cas de Philippe de Fontaine Vive, le vice-président de la BEI et « patron » de la Facilité euroméditerranéenne de partenariat et d'investissement (Femip, l'instrument de la BEI en Méditerranée). « Nous avons décidé à la BEI de mettre à compter de l'année 2015 la Méditerranée avec l'est de l'Europe. Nous avons tellement entendu de discussions sur la priorité entre l'Est ou au Sud que nous en avons tiré les conséquences. nous allons les mettre dans le même département », déclaraitil début novembre au site Econostrum.
Ce changement d'optique au sein de la BEI pourrait-il préfigurer une inflexion positive de la politique européenne de voisinage, alors que naguère encore l'Europe officielle observait d'un oeil plus que méfiant son flanc sud ? En tout cas, le fait que ce changement se produise d'abord à la BEI n'a rien de surprenant, car le « patron » de la Femip - premier financeur en Méditerranée, depuis sa création en 2002, avec des prêts cumulés, pour le Maghreb, de 13 milliards d'euros (5,4 pour la Tunise, 5,6 pour le Maroc, 2 pour l'Algérie) - n'a cessé d'oeuvrer pour faire changer le logiciel européen en la matière. Ainsi dès juin 2010, au sommet des leaders économiques de Barcelone, affirmait-il que « la renaissance européenne passe par le Sud ».
Une autre personnalité euroméditerranéenne d'importance est bien sûr le diplomate marocain Fathallah Sijilmassi, secrétaire général depuis mars 2012 de l'Union pour la Méditerranée (UpM, siège à Barcelone) qui oeuvre sans relâche à promouvoir les partenariats « à géométrie variable » entre les deux rives. Pour renforcer son action et rendre l'UpM plus visible - en 2015, le processus de Barcelone, précurseur de l'UpM, fêtera ses vingt ans - peut-être pourra-t-il compter sur Martin Schulz, le député socialiste allemand (SPD) président du Parlement européen depuis janvier 2012 (réélu en juillet 2014, pour deux ans et demi). En décembre 2012, alors qu'il participe à une conférence de l'Ipemed, à Paris, Martin Schlulz déclare en effet sans détour que « l'Europe est encore en train de rater une chance historique. Au Sud, ils essaient de transformer leurs sociétés sur la base de valeurs que nous partageons, [alors qu'à Bruxelles] on réduit les moyens, c'est la triste réalité (...) L'Union pour la Méditerranée [UpM] doit se transformer en instrument de développement durable. Il faut donner à l'UpM des moyens comparables à ceux dont bénéficient les pays de l'Est dans le cadre de la politique dite de voisinage. » Puis, le 12 avril 2013, dans son discours d'ouverture de la IXe session plénière de l'assemblée parlementaire de l'Union pour la Méditerranée (AP-UpM), il affirme : « Les gouvernements ne s'engagent pas assez pour faire de la Méditerranée un espace de coopération. »

Martin, Federica et les autres...

Mais, maintenant qu'il est réélu, Martin Schulz fera-t-il preuve du même franc-parler et du même enthousiasme ? Pourra-t-il compter sur l'Italienne Federica Mogherini, vice-présidente de la Commission européenne et nouvelle haute représentante de l'Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité ? Que fera-t-elle ? Son italianité et son cursus universitaire - notamment à l'Institut de recherches et d'études sur le monde arabe d'Aix-en-Provence, où elle consacra son mémoire de fin d'études aux rapports entre religion et politique dans les pays islamiques - la porteront-t-elle vers une attitude plus proactive vis-à-vis du Sud ? Le 4 novembre, dans une entrevue accordée à plusieurs quotidiens européens, la haute représentante a déclaré qu'elle serait « heureuse si, au terme de son mandat, l'État palestinien existait. » Aussi, en réponse à l'unique question sur la région d'un député européen - « Que pourrait faire l'Europe pour aider à la construction de l'UMA ? » - lors de son audition devant la commission des Affaires étrangères du Parlement européen, en octobre, elle a déclaré que l'UE devait « soutenir les efforts de l'ONU pour aller vers une solution du conflit du Sahara occidental » - pomme de discorde entre l'Algérie et le Maroc, dont la frontière commune est fermée depuis 1994. Mais, sur le fond de la coopération Euromed, elle n'a encore rien dit - à sa décharge, toutefois, le fait qu'elle n'est entrée en fonction que depuis un mois.
« L'Europe devrait soutenir plus l'industrialisation des pays du Maghreb à travers ses outils de coopération - notamment l'Instrument européen de voisinage (IEV) pour créer de l'emploi industriel dans les deux espaces et pour aller ensemble vers d'autres marchés mondiaux, plus particulièrement vers l'Afrique [l'eldorado du XXIe siècle, selon les prévisionnistes, vision stratégique que le Maroc a d'ailleurs pleinement intégrée]dans le cadre d'une stratégie conjointe, estime Amal Chevrau, responsable du pôle Études et projets de l'Ipemed. Le Maghreb peut devenir un espace pertinent de déploiement de la coproduction. Néanmoins, pour créer un marché large et attractif, il faut penser le concept dans une approche régionale. »

Le coût exorbitant du « non-maghreb »

On en est loin ! Si le traité constitutif de l'Union du Maghreb Arabe (UMA) a été signé en février 1989 par les cinq chefs des États concernés, l'UMA n'en est pas moins restée dans les limbes, et aucun sommet ne s'est plus tenu dep uis celui de Tunis, en 1994. Pourtant, il est admis dans les milieux économiques et universitaires que le coût du « non-Maghreb » peut être estimé autour de 2 % du PIB annuel cumulé des trois principaux pays. Mais ce projet de l'UMA ne mobilise guère les dirigeants politiques. Malgré des déclarations qui affectent un positivisme de façade, les (mauvaises) raisons de la discorde entre pays voisins demeurent les plus fortes. Or le non-Maghreb handicape aussi l'approfondissement du partenariat économique avec l'Europe, ce qui cette fois représente un manque à gagner de 1 à 3 % des PIB cumulés - une estimation qui fait consensus parmi les économistes, même si tout dépendrait bien sûr du niveau d'intégration.
En fait, côté Sud, c'est le roi du Maroc, Mohammed VI, qui apparaît comme le plus fervent et constant promoteur de la coopération entre les deux rives de la Méditerranée, coopération qu'il a toujours ouvertement prônée. Ce fut encore le cas dans le message adressé au IVe sommet UE-Afrique de Bruxelles, en avril 2014, où il affirme que la promotion volontariste de la coopération intra-africaine (lire pages 10-11) ne doit en aucun cas exclure « l'approfondissement, en parallèle, des rapports mutuellement bénéfiques (...) avec l'Union européenne et ses États membres. Bien au contraire... »

« L'immobilisme condamné à disparaître »

Actuellement, deux éminents universitaires du Sud, le professeur algérien Abderrahmane Mebtoul et le professeur marocain Camille Sari, tentent de relancer le débat, d'attirer une fois encore l'attention des décideurs sur les avantages d'un Maghreb uni. Début novembre, ils ont publié une somme remarquable, L'Intégration économique maghrébine, un destin obligé ? (L'Harmattan, 559 pages), véritable plaidoyer de toutes les bonnes raisons pour réaliser l'Union du Maghreb arabe (UMA) attendue depuis si longtemps par les « peuples frères ». Une attente incompréhensible, si l'on considère que le Maghreb est la région du monde la moins intégrée, alors qu'elle est la plus homogène du point de vue culturel. « Il serait suicidaire pour chaque pays du Maghreb de faire cavalier seul, relève le professeur Mebtoul. L'intégration économique régionale est une nécessité historique, Et sans inclusion euroméditerranéenne, le Maghreb serait bien davantage ballotté par les tempêtes des marchés, avec le risque d'une marginalisation croissante. » Une sortie des radars de l'Histoire qui menace aussi l'Europe, si elle ne parvient pas à construire avec son flanc sud l'indispensable pacte d'avenir.
L'expert Francis Ghilès, qui fut durant quinze ans le journaliste en charge de l'Afrique du Nord au Financial Times, est sur la même ligne. Dans une entrevue accordée en juin 2010 à deux chercheurs de l'Institut Amadeus (Maroc), il estimait que « ce n'est qu'en acceptant de mettre un tant soit peu en commun leur souveraineté, comme ont su le faire les pays européens après 1945, que les pays du Maghreb deviendront des acteurs de leur propre histoire sur la scène mondiale, et non de simples pions sur l'échiquier international... Quant à l'Union européenne, si elle ne montre pas plus d'ambition visà-vis de la région, eh bien, la Chine fera le Maghreb. Par les temps économiques qui courent, ceux qui se contentent de l'immobilisme sont condamnés à disparaître ». Un message que les entrepreneurs de l'EMCC ont bien intégré et qui motive leur engagement.

Algérie - France : Que vient faire Hollande à Alger ?

C’est pour répondre à une invitation du président Bouteflika que le président français sera aujourd’hui à Alger, indique-t-on de source autorisée française. C’est ainsi que le président Hollande a souhaité honorer cette invitation au regard de l’importance du partenariat entre la France et l’Algérie. Une précision qui sonne comme une mise au point à ceux qui soutiennent que la visite du président Hollande répond à un autre agenda.

François Hollande aura deux entretiens, l’un avec le Premier ministre Abdelmalek Sellal, et le second avec le président Bouteflika. Ce dernier entretien ne sera vraisemblablement pas un tête-à-tête. Si cette deuxième visite du quinquennat de François Hollande, qualifiée, de source autorisée française, de «visite de travail», sera brève – arrivée à 13h50, retour estimé à 22h – elle n’en est pas moins importante, estime-t-on de même source et «significative».
Une visite destinée essentiellement à renforcer le dialogue politique bilatéral sur les questions régionales, le partenariat économique étant qualifié de part et d’autre d’«excellent». Le seul ministre qui accompagnera François Hollande est celui des Affaires étrangères, Laurent Fabius, quelques parlementaires et quelques invités du président Hollande. Pas un seul homme d’affaires, croyons-nous savoir, ne sera du voyage. Toutefois, le partenaire français est attentif au secteur du pétrole et du gaz, plus particulièrement par l’impact à long terme de la baisse des cours du pétrole.
Total a manifesté son intérêt pour le développement de sources d’énergie de substitution, dont le gaz de schiste. Au plan économique, encore, avec le développement de grands projets, la France est aussi intéressée par les marchés maghrébin et subsaharien. Le premier objectif de cette visite est de prendre acte et d’évaluer les mesures et projets entrepris depuis la Déclaration d’Alger de décembre 2012, qui a posé les instruments à même de renforcer la coopération bilatérale.
Ces instruments ont permis de relancer, voire de résoudre des dossiers contentieux en suspens depuis plusieurs années relevant du domaine consulaire, notamment, indique-t-on à Paris, où on ne manque pas de souligner que depuis l’arrivée du président Hollande à l’Elysée, l’Etat français s’attache à construire avec l’Algérie une relation «confiante», «d’égal à égal», de «long terme» et qui, du reste, n’a jamais été «aussi sereine».
C’est sur la base de cette «confiance rétablie» que Paris escompte un partenariat plus poussé dans le domaine politique, diplomatique et stratégique avec l’Algérie. Voilà que l’on en vient au principal objectif de la visite de Hollande aujourd’hui, soit la perspective d’actions communes, concertées relatives aux problèmes régionaux, particulièrement en ce qui concerne la Libye, en étendant la coopération bilatérale menée au Mali à la Libye, sachant que l’Algérie est un partenaire régional incontournable et que la sécurité de la région concerne directement l’Algérie de par ses frontières communes avec des pays en conflit ou instables.
La formation d’un gouvernement d’union nationale en Libye, de manière à ramener la paix et la stabilité dans ce pays, sera un des principaux sujets qu’abordera le président Hollande avec les responsables algériens. La relance de la coopération en Méditerranée occidentale dans les domaines agricole, de la sécurité et aussi du dialogue politique sera un autre sujet important de discussion. Il est important que les deux pays puissent travailler ensemble de manière à pouvoir contribuer à la stabilité, au développement, aux échanges au Maghreb et en Méditerranée, laisse-t-on entendre à Paris.
La lutte contre le terrorisme sera, selon toute évidence, évoquée. La coopération sécuritaire entre les deux  pays est jugée «opérationnelle». Sur la question du Sahara occidental qui ne manquera pas d’être abordée, Paris soutient que sa position est «équilibrée» et que la base de son action est la mise en œuvre des résolutions des Nations unies. Avec toutefois une préférence pour le plan d’autonomie soutenu par le Maroc. A souligner que le président François Hollande arrivera à Alger à 13h50. Il sera accueilli par le président du Conseil de la nation, Abdelkader Bensalah.
EL WATAN

Tribune de François HOLLANDE Président de la République (A l'occasion de sa visite de travail en Algérie le 15 juin 2015), LA COOPERATION FRANCO-ALGERIENNE EST EN MARCHE


Il y a un peu plus de deux ans, j'effectuais ma première visite d'Etat hors d'Europe en Algérie à l'invitation du Président Bouteflika. L'Algérie célébrait alors le cinquantième anniversaire de son indépendance. J'avais, à cette occasion historique, appelé à la paix des mémoires entre nos deux pays et reconnu, devant les deux chambres réunies du Parlement, les souffrances que le système colonial avait infligées au peuple algérien. 


Cet acte politique était essentiel, parce que l'amitié ne peut se construire que sur la vérité. 

Il faut savoir la regarder en face. Il a été longtemps attendu par le peuple algérien. La France le lui devait, comme elle se le devait à elle-même. Le travail de la mémoire n'est certes jamais achevé. Il appartient aux historiens et aux citoyens de nos deux pays de le poursuivre. C'est essentiel si nous voulons construire un avenir partagé. 

A la veille de ma seconde visite en Algérie, je mesure les progrès qui ont été accomplis. Nos deux pays sont animés par la même volonté de bâtir un partenariat d'égal à égal tourné vers le développement et vers la jeunesse. Le comité intergouvernemental présidé par nos deux Premiers ministres s'est déjà réuni à Alger puis à Paris. Il nous donne un cadre pour approfondir nos coopérations dans tous les domaines. 

J'attache beaucoup d'importance au dialogue politique entre la France et l'Algérie car nos deux pays contribuent à la stabilité et à la sécurité dans la région. 

L'Algérie a payé dans son Histoire un trop lourd tribut au terrorisme. La France a été à ses côtés lors de la prise d'otage d'In Amenas. L'Algérie a, elle aussi, su démontrer son soutien quand la France a été frappée lors des attentats de Paris en janvier dernier. Je veux ici exprimer ma reconnaissance aux autorités et au peuple algérien pour leur solidarité. Nos deux pays étaient côte à côte lors de la marche du 11 janvier et à Tunis après les attentats du Bardo. 

En 2013, la France a pris ses responsabilités, à la demande des autorités maliennes, pour arrêter la progression des groupes terroristes. L'Algérie a depuis joué un rôle déterminant pour traduire politiquement ce succès avec la signature en mai dernier de l'accord d'Alger pour la paix et la réconciliation au Mali. 

Je salue également l'action des autorités algériennes pour chercher une solution politique en Libye. 

L'Algérie et la France sont par leur géographie liées par la Méditerranée. Aujourd'hui, cette mer commune est le théâtre des tragédies provoquées par les trafics de toutes sortes et d'abord d'êtres humains. La France et l'Algérie doivent joindre leurs forces pour mettre un terme à ces exploitations et à ces crimes. Mais nous devons aussi porter ensemble des projets de développement. 

Il y a deux ans, j'avais appelé de mes vœux le renforcement de la coopération franco-algérienne. Elle est en marche. J'ai pu m'en rendre compte à Marseille où je participai au forum « Medcop21 » pour préparer la Conférence sur le climat qui va se tenir à Paris en décembre prochain. 

De nombreux investissements sur les deux rives de la Méditerranée m'ont été présentés. 

Ma visite à Alger sera l'occasion de les traduire concrètement et de renforcer le partenariat économique entre nos deux pays. Après les implantations de Renault à Oran et d'Alstom à Annaba, les initiatives se multiplient. Près de 7000 entreprises françaises exportent vers l'Algérie. 450 y sont aujourd'hui implantées et y emploient plus de 140 000 personnes. Elles veulent accompagner le dynamisme, l'ouverture et la diversification de l'économie algérienne. 

Elles s'engagent sur le long terme en investissant localement et en produisant sur place. 

C'est essentiel pour offrir des perspectives à la jeunesse algérienne. 

Il y a deux ans, je m'étais rendu à l'Université de Tlemcen pour dire ma volonté de développer les relations universitaires entre la France et l'Algérie. Nous accompagnons la création de nombreuses écoles et centres de formation professionnelle pour permettre aux jeunes Algériens d'acquérir des compétences et de trouver un emploi. Les obstacles qui entravaient de façon excessive la circulation des personnes ont été pour l'essentiel levés. 23 000 Algériens poursuivent aujourd'hui leurs études en France. Des millions d'Algériens et de binationaux vivent sur notre territoire et des dizaines de milliers de Français travaillent en Algérie. 

La France sait ce qu'elle doit aux immigrés algériens qui ont contribué à son histoire et à son développement économique. 

Nous devons lutter ensemble contre les migrations irrégulières mais nous devons aussi permettre à nos étudiants, à nos chercheurs, à nos artistes, à nos investisseurs, à nos chefs d'entreprises de circuler. 

Pour toutes ces raisons, je suis heureux de revenir aujourd'hui en Algérie. Je garde le souvenir de l'accueil exceptionnel qui m'avait été réservé et à travers ma personne et ma fonction, au peuple français. J'y avais vu le signe d'une volonté partagée d'écrire une nouvelle page de notre Histoire. 

J'ai toujours eu la conviction profonde que nous sommes capables de bâtir un partenariat d'exception. C'est ce que nous allons démontrer aujourd'hui. 
Le Quotidien d'Oran

L'Algérie et la France pour un "partenariat d'égal à égal"

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 L'Algérie et la France sont animées par la même volonté de bâtir un "partenariat d'égal à égal" tourné vers le développement et vers la jeunesse, a affirmé le président français, François Hollande, dans une tribune publiée lundi dans le journal "Le Quotidien d'Oran", à l'occasion de sa visite en Algérie.
"A la veille de ma seconde visite en Algérie, je mesure les progrès qui ont été accomplis. Nos deux pays sont animés par la même volonté de bâtir un partenariat d'égal à égal tourné vers le développement et vers la jeunesse", a écrit M. Hollande qui effectue sa deuxième visite à Alger en tant que chef d'Etat français, après celle de 2012.
Pour le président français, le comité intergouvernemental présidé par les Premiers ministres des deux pays donne un cadre pour approfondir la coopération dans tous les domaines.
Dans ce cadre, M. Hollande a cité le dialogue politique entre la France et l'Algérie, qui, a-t-il souligné, "contribuent à la stabilité et à la sécurité dans la région".
A ce propos, il a salué l'action des autorités algériennes pour chercher une solution politique en Libye et a également relevé le "rôle déterminant" joué par l'Algérie pour aboutir à la signature, en mai dernier, de l'accord d'Alger pour la paix et la réconciliation au Mali.
Par ailleurs, le président français a avancé que sa visite serait l'occasion de renforcer le partenariat économique entre les deux pays en précisant qu'après les implantations de Renault à Oran et d'Alstom à Annaba, les initiatives se multiplient.
"Il y a deux ans, j'avais appelé de mes vœux le renforcement de la coopération franco-algérienne. Elle est en marche", a-t-il observé, en notant que près de 7.000 entreprises françaises exportent vers l'Algérie, 450 y sont implantées et y emploient plus de 140 000 personnes.
M. Hollande a aussi abordé la coopération bilatérale dans le domaine universitaire en évoquant l'accompagnement de la création de nombreuses écoles et centres de formation professionnelle pour permettre aux jeunes Algériens d'acquérir des compétences et de trouver un emploi.
"Les obstacles qui entravaient de façon excessive la circulation des personnes ont été, pour l'essentiel, levés. 23.000 Algériens poursuivent aujourd'hui leurs études en France. Des millions d'Algériens et de binationaux vivent sur notre territoire et des dizaines de milliers de Français travaillent en Algérie", a ajouté M. Hollande.
"J'ai toujours eu la conviction profonde que nous sommes capables de bâtir un partenariat d'exception. C'est ce que nous allons démontrer aujourd'hui", a-t-il poursuivi.
Dans sa tribune, il a aussi évoqué sa première visite d'Etat en Algérie en 2012 et a rappelé avoir reconnu, devant les deux chambres réunies du Parlement, "les souffrances que le système colonial avait infligées au peuple algérien".
APS

lundi 1 juin 2015

Naïma Iratni. Présidente de l’association Maison de l’Algérie ; «Nous souhaitons l’assouplissement des procédures

 
 Naïma Iratni
- En quoi consiste le projet de l’association Maison de l’Algérie ?
Je rappelle que Maison de l’Algérie  est une association créée en 2010 en France. Son objectif est la promotion et le soutien des projets économiques, touristiques, technologiques, intellectuels… dans un esprit de réciprocité entre les deux sociétés civiles algérienne et française. Nous voulons surtout amorcer une dynamique de rapprochement entre les jeunes entrepreneurs des deux rives.
Nous  avons créé le projet «Pont d’intelligence», qui s’articule autour de trois actions principales : le développement du tourisme, de l’économie et de la culture. Ce projet vise à faire découvrir aux jeunes binationaux les atouts et les potentialités d’investissement que recèle leur pays d’origine.
- Quelles sont les contraintes que rencontrent ces jeunes entrepreneurs ?
Tout d’abord nous étions confrontés à la complexité de la législation algérienne. Il y a l’obligation de résidence pour les binationaux. C’est une bataille qu’on a gagnée, puisqu’en  janvier 2015, l’obligation a été levée. Les jeunes binationaux peuvent bénéficier des dispositifs de l’Ansej et de l’ANDI. Les jeunes entrepreneurs algériens et binationaux n’ont aucun espace de rencontre. Nous voulons une nouvelle génération d’entrepreneurs. C’est ce que nous comptons concrétiser via le club «Génération entrepreneurs en Algérie».
- Qu’attendez-vous des autorités algériennes ?  
Nous leur demandons d’accorder beaucoup plus de facilités à ces jeunes. Nous souhaitons  l’assouplissement des procédures administratives. Nous appelons particulièrement les walis à s’impliquer davantage dans ce processus et à accompagner les jeunes entrepreneurs algériens et binationaux pour concrétiser leurs projets. Des projets stratégiques pour l’Algérie de demain sont entre les mains de ces jeunes.
O. A
EL WATAN

Le premier week-end initiateur "Génération Entrepreneurs "en Algérie : Emission Bonjour d'Algérie de Canal Algérie